Une campagne marathon, contre vents et marées pour Sergio Coronado

Affiche du candidat Sergio Coronado.

Affiche du candidat Sergio Coronado.

En cette fin d’automne austral, le candidat de Europe Écologie Les Verts (EELV) et de La France Insoumise (LFI) dans la 2e circonscription des Français de l’Étranger, Sergio Coronado, avait réuni ses sympathisants dans le Bar porteño de « La Cigale » pour faire un bilan politique à l’issue du premier tour des élections Législatives, et appeler à rassembler les voix de gauche et écologistes autour de sa candidature lors du deuxième tour le 17 juin prochain.

En ballottage défavorable

Qualifié pour le second tour avec 24% des voix, Coronado affrontera Paula Forteza de la République En Marche (REM, 43%). Se trouvant en position de ballottage défavorable dans cette circonscription dont il a été le premier député élu en 2012, Coronado ne pouvait que prendre acte de ce qu’il est convenu de nommer la « vague électorale » du parti d’Emmanuel Macron, encensée par des médias « en état de sidération » face à ce chamboulement de l’échiquier politique. Il est aussi revenu sur le grand bémol de cette vague, le phénomène sans précédent de l’abstention s’élevant à près de 52% en France au 1er tour et de … 81% dans les 11 circonscriptions à l’étranger. Une caractéristique très alarmante de ces élections en 2017, tant présidentielle que législatives.

Discussion entre Sergio Coronado et des Français d'Argentine. Photo: Gilles Martinet.

Discussion entre Sergio Coronado et des Français d’Argentine. Photo: Gilles Martinet.

Des questions d’une grande violence



S’interrogeant sur la perspective qu’un seul parti détienne tous les leviers du pouvoir dans la nouvelle Assemblée nationale, pour la première fois de teinte monocolore, Coronado a pointé le danger de l’absence de contre-pouvoir, du manque de partenaires dans le dialogue indispensable à une « démocratie vivante ». Ce serait la preuve qu’à l’issue de ces élections, on n’en soit arrivé à l’incapacité d’un gouvernement et d’une Assemblée de représenter l’ensemble des familles politiques. « Il est fort possible que la politique descende à nouveau dans la rue, avec un regain de mobilisation mais qu’en sera-t-il de l’opposition syndicale sans relais politique ? » a-t-il souligné. 

Se référant aux projets de la nouvelle équipe au pouvoir qu’il qualifie de « gouvernement de classe », l’élu EELV-LFI avertit « qu’on mesure mal les conséquences des mesures à venir, notamment la réforme annoncée du Code du travail avec le feu vert donné aux entreprises pour décider des politiques de licenciement, ou encore l’incorporation de l’État d’urgence dans les textes constitutionnels. Nous avons affaire à un gouvernement de classe, dont les politiques orthodoxes vont, comme toujours, chercher à diminuer le pouvoir de l’État, à démanteler les services publics » au détriment des populations carencées. Avec pour causes, durant des mois, les manœuvres politiciennes, de dirigeants impliqués dans des affaires frauduleuses et une « monarchie d’opérette plus attachée à la gestuelle protocolaire qu’aux valeurs républicaines ». Et pour expliquer le désintéressement des électeurs, Coronado a rappelé un possible autre phénomène, ce qu’en Sciences politiques on nomme l’effet Titanic, c’est-à-dire en fin de processus électoral, un flot d’électeurs qui se démobilisent, lâchent prise s’ils perçoivent qu’ils, ou plutôt leurs candidats, vont perdre.

 

33 pays concernés dans la 2e circonscription Amérique latine et Caraïbes

Les craintes n’épargnent pas la situation des Français à l’Étranger, soit 1,3 million de citoyens. Du fait de l’énorme abstention dans leurs circonscriptions et du projet macroniste de diminuer le nombre de parlementaires, les députés de l’Étranger seront-ils les premiers à faire les frais de ces restrictions? Avec de manière concrète, de possibles fermetures de Consulats, d’Alliances française et d’Instituts qui forment un réseau indispensable à la francophonie.

Car en cinq ans de mandat, cette Amérique latine où il est né, où il a grandi et où il a étudié, Sergio Coronado l’a parcourue au gré des rencontres dans les Universités, les Alliances françaises et les écoles rurales, autant qu’il a collecté les attentes, les soucis le plus souvent méconnus rencontrés par les Français établis hors de France. « Ce que j’ai toujours perçu chez mes compatriotes, c’est un esprit d’entraide, il fait partie de notre ADN », a-t-il confié aux participants, dont plusieurs psychanalystes franco-argentins, curieux de s’interroger en fin de soirée sur le « rôle » des Français hors de France.

« Je suis conscient d’avoir mené cette campagne en naviguant avec vent contraire, mais je suis et resterai un militant concerné par l’Amérique latine», a-t-il conclu avant de partager un apéritif dînatoire en compagnie des participants, parmi lesquels les membres écosocialistes du Groupe d’appui de La France insoumise-Argentine, des conseillers consulaires et l’Association démocratique des Français de l’Étranger (ADFE).

Par Claude Mary.