“Des femmes et des hommes”, rencontre à l’Alliance Française

De gauche à droite,Andrea Daverio, Anaïs Dubois et Maggie Mendez , à l'Alliance Française

De gauche à droite,Andrea Daverio, Anaïs Dubois et Maggie Mendez , à l’Alliance Française.

Dans le cadre de son Cycle culturel, “Femmes en majuscules”, destiné à partager les connaissances et analyses sur la situation des femmes dans le monde, l’Alliance Française de Buenos Aires ouvrait lundi son auditorium pour une nouvelle soirée qui débutait avec « Des femmes et des hommes », documentaire de Frédérique Bedos. Dans ce tour d’horizon planétaire autour de la condition des femmes en ce début de 21ème siècle, la réalisatrice rappelle comment, après un discours du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon (en 2015) où il expliquait que si les objectifs du millénaire ne sont pas atteints, « c’est parce que dans le monde entier on recule sur les droits des femmes », elle a eu un choc d’où est issue son enquête.

En passant par l’Italie et l’organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), l’Inde et la Chine, le documentaire donne à voir –revoir ?- les inégalités flagrantes entres femmes et hommes, et ce dès la naissance, en matière d’éducation et de droits élémentaires, notamment ceux de la propriété des terres et des moyens de production agricole. On estime que si ces derniers étaient mieux distribués, plus de cent millions d’êtres humains auraient accès à des besoins alimentaires de base, en raison des compétences des femmes en ce domaine. L’ambition de la réalisatrice était de « donner envie d’agir » -il y a urgence- et la projection a permis de lancer le débat, très intéressant, animé par Anaïs Dubois, journaliste correspondante de l’hebdomadaire Le Point, membre de la Coalition de « Mujeres Trabajadoras » (CoMuTra) et qui s’auto-dénomme « féministe en construction ».

 

Affiche du film "Des femmes et des hommes" de Frédérique Bedos.

Affiche du film “Des femmes et des hommes” de Frédérique Bedos.

 

Avec pour invitées deux femmes argentines universitaires, la rencontre a permis de préciser les caractéristiques en Argentine et en Amérique Latine, concernant notamment la violence de genre. À l’heure actuelle en Argentine, on estime qu’une femme meurt chaque jour (!) par féminicide, meurtre d’une femme du fait de son genre. Interrogée sur les normes à mettre en place en matière de défense des droits des femmes, la politologue Andrea Daverio a insisté sur l’importance de leurs mouvements spontanés, qui sont l’avant-garde. « En Amérique latine, ayons présent à l’esprit que ce sont les mouvements des femmes qui influent sur les politiques de genre des gouvernements, et non le contraire. » Professeure en Genre et politiques publiques, Andrea forme des élèves policiers à l’Université Nationale de Lanus (UNLa) en sécurité citoyenne. Pour répondre aux questions de nombreuses femmes dans le public était également présente Magdalena Mendez, spécialiste en Économie et Genre (également UNLa).
D’autres débats auront lieu dans le courant de l’année, et un prochain rendez-vous est fixé au 3 juin, date de la prochaine marche NiUnaMenos, ainsi que courant septembre avec ViviFrancia.
Par Claude Mary.