De la « Terre de lumière » à « La otra orilla »… L’exposition “Solidaridad franco-argentina en tiempos de dictadura”

 

Affiches du Comité pour le boycott de l'organisation par l'Argentine de la coupe du monde de football (COBA). Photo: Graziella Riou Harchaoui.

Affiches du Comité pour le boycott de l’organisation par l’Argentine de la coupe du monde de football (COBA). Photo: Graziella Riou Harchaoui.

  

Visitée le 24 février dernier par le Président de la République Français en visite d’Etat en Argentine, l’exposition « La otra orilla » a été inaugurée le samedi 12 mars dernier en présence de l’ambassadeur de France, Jean-Michel Casa, de Grands-Mères et de proches de disparus.

  

Lors de sa visite au Parque de la Mémoire en février dernier, François Hollande avait évoqué les années noires de la dictature argentine en ces termes « si la France a dès le début accompagné les familles des victimes ce n’est pas seulement parce que des français étaient au nombre des tués de la dictature (…) mais parce que nous étions conscients qu’en Argentine un crime de masse avait été commis (…) Ces femmes et ces hommes encore là aujourd’hui nous disent que la barbarie n’est jamais terminée et que dans d’autres parties du monde, il y a des hommes, des femmes, des enfants qui sont tués pour leurs idées, pour la lutte qu’ils mènent au nom de l’humanité… »

 

L’exposition proposée au parque de la Memoria jusqu’au 25 mai 2016 avait été présentée une première fois il y a 2 ans à l’occasion du Salon du Livre 2014 dont l’Argentine était l’invitée d’honneur. Accueillie dans les locaux du Ministère français de la Culture et de Communication cette exposition, proposée par l’Argentine, dans le cadre des manifestations liées du 30ème anniversaire du retour du pays à la démocratie, avait été créée en partenariat avec l’Institut national de l’audiovisuel (Ina).

 

L'Ambassadeur de France, Jean-Michel Casa, lors de l'inauguration de l'exposition "La otra Orilla". Photo: Graziella Riou Harchaoui.

L’Ambassadeur de France, Jean-Michel Casa, lors de l’inauguration de l’exposition “La otra Orilla”. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

L’exposition alors intitulée « Tierra de luz/Terre de Lumière » se voulait « un hommage à la France, terre d’accueil pour les auteurs, artistes et autres intellectuels argentins, exilés pendant les années terribles de la dictature militaire (1976-1983) et, au-delà, sur les échanges intellectuels croisés entre les deux pays. »

 

 

De nombreuses photos présentées au Parque de la Memoria permettent de revivre la marche organisée en France dans les années 80 pour demander le respect des droits de l’homme en Argentine. Marche à laquelle participèrent des représentants des milieux politiques et culturels comme François Mitterrand, Lionel Jospin, futur Premier ministre, Bertrand Delanoë, Paul Quilès, Alain Richard, Jean-Pierre Chevènement, les écrivains et philosophes Marec Halter, Julio Cortazar, Michel Foucauld, Bernard Kouchner, Bernard-Henri Lévy, André Glucksman, Jean Elleinstein, les acteurs et actrices Marie-José Nat, Yves Montand, Simone Signoret, Delphine Seyrig ; le chanteur Marcel Amont, l’amiral Antoine Sanguinetti…

 

Photo de François Mitterrand lors d'une manifestation de soutien aux disparus en Argentine. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

Photo de François Mitterrand lors d’une manifestation de soutien aux disparus en Argentine. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

 

Samedi dernier des parents et des proches des disparus, contraints à l’exil, ont témoigné de leur attachement à la France « un pays sensible aux droits de l’Homme et aux causes latino-américaines qui manifestait politiquement et quotidiennement sa solidarité, en offrant l’asile politique quasiment sans restriction, le parrainage des petits-enfants de disparus par des associations religieuses, la mobilisation politique contre la Coupe du Monde de Football de 1978, la société française a marqué l’histoire des Argentins. »

 

Outre les photos des manifestations de soutien, l’exposition présente également de très nombreuses affiches et dessins de presse dénonçant la dictature d’Etat et notamment les affiches réalisées par le Comité de Boycott du mondial de Football en Argentine en 1978.

 

 

Affiche du Comité pour le boycott de l'organisation par l'Argentine de la coupe du monde de football (COBA). Photo: Graziella Riou Harchaoui.

Affiche du Comité pour le boycott de l’organisation par l’Argentine de la coupe du monde de football (COBA). Photo: Graziella Riou Harchaoui.

 

L’accueil de nombreux exilés argentins a contribué à tisser de nombreux liens entre les deux pays. Liens toujours vivants et forts dont l’exposition permet de mesurer la diversité et la richesse, qu’il s’agisse de littérature, de musique, de théâtre et toutes autres formes d’expression intellectuelle et artistique… Autant d’échanges franco-argentins qui perdurent aujourd’hui.

 

Par Graziella Riou Harchaoui.

 

 

Lexposition est ouverte jusqu’au 25 mai 2106.

Du lundi au vendredi de 10h à 17h/ samedis, dimanches et jours fériés de 11h à 19h.

Parque de la Memoria, Salle Pays – Avenue Costanera Norte Rafael Obligado 6745.