Discours de François Hollande à la Communauté Française d’Argentine: “vous êtes au service de la France et donc du monde”

Arrivée de François Hollande. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

Arrivée de François Hollande. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

 

Ce jeudi 25 février 2016, le Président François Hollande s’est dirigé à la communauté française d’Argentine au Lycée Jean Mermoz de Buenos Aires. Auparavant le président était allé poser la première pierre de la future école élémentaire tandis que sur la scène, un photo rappelait qu’en 1964 le Président de Gaulle avait lui-même déposé celle de l’actuel Lycée franco-argentin. Cette tournée latino-américaine s’inscrit donc sans aucun doute dans le lignée du voyage qu’avait fait en sont temps le général.

Le Président a ensuite, avec Jean-François Guéganno, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France, dévoilé la plaque commémorative avant de prendre la parole devant la foule qui s’était rassemblée.

 

Plaque commémorative présentée lors du discours. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

Plaque commémorative présentée lors du discours. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

Rappelons que depuis 1997, année de la visite du Président Jacques Chirac, aucun président n’était venu en Argentine. Le voyage est d’autant plus important qu’il s’inscrit dans une perspective latino-américaine, la tournée présidentielle concernant également le Pérou et l’Uruguay, et prolongeant le voyage à Cuba de 2015 et celui au Mexique de 2014. La Président a immédiatement affirmé que ce voyage montre que l’Amérique Latine est proche, « géographiquement, cela pourrait se discuter ; politiquement, ça dépend ; humainement, toujours ». L’importance de la délégation témoigne de l’intérêt porté par l’Élysée à la région, celle-ci étant composée du Ministre des Affaires Étrangères, Jean-Marc Ayrault, de la Ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, ainsi que de nombreux responsables politiques, chefs d’entreprises et présidents d’universités. La délégation était également composée d’artistes et de sportifs « et le problème avec les sportifs, c’est qu’ils sont connus, beaucoup plus connus que les chefs d’États et de gouvernement ». De fait, la présence du footballeurs franco-argentin David Trezeguet a été remarquée.

François Hollande a ensuite tenu a souligner l’importance de la mobilisation de la communauté française de l’étranger lors des attentats de l’année dernière et les gestes de solidarité à travers le monde qui montrent que cette communauté « fait pleinement partie de la communauté nationale.

Il a continué son discours en rappelant les liens qui existent entre la France et l’Argentine, et le rôle de la communauté française qui représente ces liens, étant donné que de nombreuses personnes sont à la fois françaises et argentines. Liens humains et familiaux, mais aussi économiques et linguistiques, le président a ainsi profité de l’opportunité qui lui était donnée pour signaler que l’Argentine allait devenir membre observateur de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Notons à ce propos que le Costa Rica et le Mexique ont, lors du précèdent sommet de Dakar en 2015, obtenu le statut de pays observateur, ce qui porte à 5, avec l’Uruguay, Haïti et la République Dominicaine le nombre de pays latino-américains qui participent à l’OIF.

François Hollande faisant son discours. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

François Hollande faisant son discours. Photo: Graziella Riou Harchaoui.

François Hollande a par la suite évoqué sa visite du Centre Culturel Nestor Kirchner, à l’occasion de laquelle il a pu sentir la proximité du lien culturel qui lie les deux pays dans un même esprit de liberté. Lien qui s’est également forgé par l’histoire, avec l’immigration française qui est venue à la fin du XIXº siècle s’installer en Argentine et estimée à 300 000 personnes.

Il tenu a souligner que les deux pays s’accompagnent aussi dans les moments difficiles, notamment au moment de la dictature « lorsque beaucoup d’argentins, ne sachant pas où aller, cherchaient un pays pour se réfugier et ils nous ont fait l’honneur d’aller vers la France, car pour ces argentins, martyrisés, pourchassés, un pays représentait plus que d’autres la liberté, les Droits de l’Homme, la force des convictions, peut-être même, pour certains, la Révolution Française qui les inspirait. Ils sont allés vers la France et nous les avons accueillis. » Si de nombreux argentins sont par la suite revenus en Argentines, les argentins qui sont restés en France sont, pour le président, un atout et une richesse supplémentaire pour le pays. Quant à ceux qui sont revenus, ils « continuent à faire le lien entre les deux patries. »

Souvenir d’autant plus important que ce matin-là, le président avait visité les Grand-Mères de la Place de Mai, occasion au cours de laquelle elles ont pu exprimer leur gratitude. Le Président a pu donner à l’une d’entre elles le dossier de toutes les démarches administratives qui avait été engagées pour obtenir des informations sur le sort des disparus.

Pour terminer, François Hollande a exprimé que la France, respectant le choix des argentins, se tenait aux côtés de l’Argentine dans ce changement historique ; et a insisté sur la solidarité et l’appui que la France doit à l’Argentine, comme cela a été le cas au Club de Paris à l’égard de la dette souveraine argentine, le pays étant disposé à agir pour que la communauté internationale fasse le meilleur accueil à l‘Argentine. Face aux prévisions de crises, en Amérique Latine comme en Europe, le président a appelé à mettre en place des politiques et des actions concrètes pour «donner toutes ces chances à l’économie, à la création, à l’initiative et au travail, car c’est le véritable enjeu ». Le président a ensuite souligné le rôle des entreprises françaises depuis longtemps installées en Argentine, et les possibilités de développer ce lien économique et commercial : énergies renouvelables, infrastructures, transports, santé, agro-alimentaire.

L’échange scientifique a aussi été mis en avant car la France et l’Argentine sont des puissances scientifiques, avec une recherche et des universités de haut niveau. Le président a souligné que 1 000 étudiants argentins étaient actuellement en France, et que de nombreux français étudiaient également en Argentine, et que cet échange devait être développé.

La culture est un autre point qui a retenu l’attention du président, notamment avec le lancement de France 24 en espagnol.

Nous sommes, nous la France, au service de la planète ; et vous, communauté nationale ici représentée en Argentine, vous êtes au service de la France et donc du monde. Vive la République et vive la France

L’excellence de l’enseignement français d’Argentine a également été soulignée, et il a ainsi remercié l’ensemble des équipes qui contribuent à ces résultats et mis en avant l’importance de l’ouverture aux autres nationalités pour diffuser les valeurs de la France, les diffuser par la langue. Il a ainsi également souligné le rôle des Alliances Françaises et cette « culture française qui n’est faite que des apports successifs, des mélanges, des partages » refusant ainsi toute idée de repli.«La France est présente partout dans le monde, la France est dans le monde. […] Avec les legs de l’histoire, nos outre-mers qui sont maintenant notre avenir […]  La France construit son destin dans l’Universel, dans le planétaire. Ce n’est pas une coïncidence si la Conférence sur le Climat s’est réunie à Paris et a réussi à Paris. Nous sommes, nous la France, au service de la planète ; et vous, communauté nationale ici représentée en Argentine, vous êtes au service de la France et donc du monde. Vive la République et vive la France ».

Place a ensuite été faite à une marseillaise riche d’une grande diversité d’accents.

 

Par Victor Montoya